« Au BarCamp, tout le monde est actif !»

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Crédit photo: DR

Ce Samedi 2 novembre 2013 s’est tenue à l’Ecole Supérieure de Gestion Informatique et de Science (Esgis) à Cotonou la troisième édition du BarCamp version Bénin. Le barcamp, Cet évènement-concept né en Californie en 2005 qui se veut être participatif et qui réunit les amoureux du Tics autour d’un ou plusieurs thèmes. Au barcamp où le principe est ‘’ pas de spectateurs, tous participants’’, on discute des dernières innovations en matières d’applications internet, de logiciels libres et de réseaux sociaux. Le concept s’est très rapidement propagé dans plusieurs villes et pays. On a par exemple les BarCamp Bordeaux ou Dijon. Un collège de jeunes informaticiens a pris l’initiative de le faire entrer au Bénin. Mathias Houngbo est programmeur et administrateur système et réseau. Il est le président du comité d’organisation du barcampbenin 2013. Il revient sur le concept et fait le bilan des trois éditions.  

Le barcamp ; c’est quoi ?

Mathias Houngbo : Pour les conférences classiques, nous avons un expert et des participants passifs. L’objectif du barcamp est de changer cette idée qu’on a des conférences classiques. Dans toutes les définitions du barcamp, nous parlons de ‘’non-conférence’’. Tout le monde est sur le même pied d’égalité. Quelqu’un dans le public peut décider d’intervenir. Au barcamp, tout le monde est actif.

Quel est l’objectif du barcamp ?

Mathias Houngbo : L’objectif est de partager l’amour qu’on a des Tics. On peut très bien ne pas être un expert en informatique. Pour cette 3ème édition par exemple, il y a eu un photographe qui a partagé son expérience sur la manière dont il faut optimiser les images sur le web. L’objectif du barcamp est de partager tout ce que les amoureux  des Tics ont comme connaissance.

D’où est partie l’idée de créer un tel évènement ?

Mathias Houngbo : Cela a commencé il y a 3 ans par une discussion qu’on a eue entre informaticiens. C’était une idée de Theresa Carpenter qui n’est plus au Bénin actuellement. C’est elle qui a émis l’idée. Nous nous sommes inspirés de ce qui se passe dans d’autres pays. Donc on s’est réuni et on a lancé la première édition du barcampbenin et ça été une belle surprise.

Qu’est-ce qui a motivé le choix du thème « connected Bénin »    ?

Mathias Houngbo : Chaque année le comité essaie de voir un thème qui puisse accrocher. La première édition le thème n’était pas vraiment parleur. C’était « hello world ! » Juste pour dire qu’on fait nos premiers pas. A partir de la deuxième édition, on a parlé de « internet mobile et les logiciels libres pour le développement du Bénin et de l’Afrique ». Pour la troisième édition le choix du thème « connected Bénin » a été motivé par l’actualité. Comment est-ce que le Bénin peut-être présent ? Comment est-ce qu’on peut apporter notre pierre au développement de l’internet ? Il ne faut pas être simplement consommateur mais il faut être également producteur de contenus.

Trois éditions sont passées, quel bilan faites-vous du barcamp ?

Mathias Houngbo : Il y a beaucoup plus d’engouement quand on jette un coup d’œil sur les statistiques des participants. La première édition, on était une centaine, deuxième édition, environ 200 participants, cette troisième édition un peu plus de 200 participants. Donc le barcamp prend beaucoup plus d’ampleur. Il y a aussi des personnes qui sont amis en ligne et qui se sont rencontrés ici. Je pense qu’on essaie de créer quelque chose qui va amener beaucoup plus de personnes à adhérer à cette communauté pour qu’on soit beaucoup plus solidaires. Que ce ne soit pas seulement les décideurs politiques qui puissent diriger les Tics. Les usagers, c’est d’abord nous [ndlr : amoureux du Tics, jeunes]. Et ils n’ont pas forcément les mêmes vues sur les questions de Tics que nous. Donc si on a une communauté beaucoup plus forte, on pourra amener les gouvernants, les politiques à prendre en compte ce que la communauté veut pour le développement de l’internet et des Tics au Bénin.

Le barcamp entre dans le cadre de cette volonté politique qui veut faire du Bénin le quartier numérique de l’Afrique d’ici 2025. Est-ce utopique de faire du Bénin un quartier numérique ?

Mathias Houngbo : Non ! On ne peut pas dire que c’est utopique. C’est vrai  qui a pas mal de difficultés que l’on doit régler d’abord pour qu’on atteigne l’objectif. S’il y a cette volonté ferme d’avancer, je pense qu’on pourrait y arriver.

Le barcamp suscite-t-il déjà des intérêts de la part des autorités politiques?

Mathias Houngbo : Au niveau politique je ne peux pas vraiment évaluer. Mais on a eu des échanges avec le Ministère de la Communication et des Tics et ils sont vraiment intéressés.

Pourquoi doit-on participer au barcamp ?

Mathias Houngbo : La première raison c’est qu’on y apprend des choses assez intéressantes et on découvre d’autres acteurs du domaine.  Comme l’a dit l’un des speakers, on peut-être un très bon développeur, mais c’est via le réseau d’amis, de connaissances que l’on a, qu’on peut arriver à financer un projet. C’est comme un péché de ne pas participer au barcamp. Parce que même en venant en tant que simple spectateur on découvre beaucoup de choses.

 

Propos recueillis par : Hermann BOKO

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Hermann BOKO, Béninois, Diplômé en journalisme, Première promotion de Monde Académie, l'Académie de journalisme du journal ''Le Monde''

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